Séparation hors mariage : rupture du PACS, fin du concubinage, partage des biens et enfants
Par Maître Christophe Pastorino, avocat au Barreau de GrasseMis à jour le 9 min de lecture
L'essentiel
Hors mariage, il n'y a ni divorce ni prestation compensatoire. Le PACS se dissout par une déclaration conjointe des partenaires ou par la décision d'un seul, signifiée à l'autre par commissaire de justice (article 515-7 du Code civil) ; le concubinage, simple union de fait, prend fin sans aucune formalité. Restent deux sujets à régler : le partage des biens achetés ensemble, souvent un logement en indivision, et la situation des enfants, soumise aux mêmes règles que pour des parents mariés. À défaut d'accord, le juge aux affaires familiales est compétent — au tribunal judiciaire de Grasse pour les couples de Cagnes-sur-Mer et des communes voisines.
Sur cette page
- Comment met-on fin à un PACS ?
- Comment se partagent les biens après un PACS ?
- Et pour des concubins : qui garde quoi ?
- Que devient le logement acheté ou loué à deux ?
- Les enfants : les mêmes règles que pour des parents mariés
- Mariage, PACS, concubinage : quelles différences au moment de la séparation ?
- Comment le cabinet vous accompagne à Cagnes-sur-Mer
- Questions fréquentes
- Textes et sources officielles
Comment met-on fin à un PACS ?
L'article 515-7 du Code civil prévoit quatre causes de dissolution. Deux sont automatiques : le décès de l'un des partenaires et le mariage des partenaires ou de l'un d'eux ; la dissolution prend alors effet à la date de l'événement. Deux sont volontaires :
- D'un commun accord : les partenaires remettent ou adressent une déclaration conjointe (formulaire cerfa n° 15789) à l'officier de l'état civil de la commune où le PACS a été enregistré, ou au notaire qui l'a enregistré.
- Par décision d'un seul : le partenaire qui veut rompre fait signifier sa décision à l'autre par un commissaire de justice ; une copie de la signification est remise à l'officier de l'état civil ou au notaire. Aucun motif n'est à donner et l'autre partenaire ne peut pas s'y opposer.
L'officier de l'état civil ou le notaire enregistre la dissolution et procède aux formalités de publicité. Entre les partenaires, la dissolution prend effet à la date de son enregistrement ; elle est opposable aux tiers une fois la publicité accomplie. Aucun juge n'intervient à ce stade, et l'avocat n'est pas obligatoire — mais la rupture du PACS ne règle rien : ni le partage des biens, ni le logement, ni les enfants.
Comment se partagent les biens après un PACS ?
Sauf convention contraire, les partenaires sont soumis à un régime de séparation des biens : chacun conserve l'administration, la jouissance et la libre disposition de ses biens personnels et reste seul tenu de ses dettes personnelles (article 515-5 du Code civil). Chacun peut prouver par tous moyens qu'un bien lui appartient en propre ; les biens sur lesquels aucun des deux ne peut justifier d'une propriété exclusive sont réputés indivis, à chacun pour moitié. Une facture établie au nom d'un seul ne suffit pas toujours à faire cette preuve.
Les partenaires ont pu choisir, dans leur convention de PACS, le régime de l'indivision : les biens acquis ensemble ou séparément depuis l'enregistrement de la convention sont alors réputés indivis par moitié, sans recours de l'un contre l'autre au titre d'une contribution inégale (article 515-5-1). Les PACS conclus avant le 1er janvier 2007 obéissaient, par défaut, à un régime d'indivision : il faut toujours relire la convention et vérifier sa date.
Les partenaires procèdent eux-mêmes à la liquidation de leurs droits et obligations. À défaut d'accord, le juge statue sur les conséquences patrimoniales de la rupture, sans préjudice de la réparation du dommage éventuellement subi (article 515-7, alinéa 10). Les créances entre partenaires — par exemple lorsque l'un a remboursé seul un emprunt commun — peuvent être compensées avec les avantages que leur titulaire a retirés de la vie commune, notamment s'il n'a pas contribué à hauteur de ses facultés aux dépenses de la vie courante. Pendant le PACS, les partenaires sont solidaires des dettes contractées pour les besoins de la vie courante, sauf dépenses manifestement excessives (article 515-4).
Et pour des concubins : qui garde quoi ?
Le concubinage est une union de fait, caractérisée par une vie commune stable et continue entre deux personnes qui vivent en couple (article 515-8 du Code civil). Il ne crée entre les concubins aucune obligation de fidélité, de secours ou de contribution aux charges, et aucune solidarité pour les dettes de l'autre. La rupture est libre : aucune formalité, aucun juge.
- Biens personnels : chacun reprend ce qu'il a acheté seul, à condition de pouvoir le prouver (factures, relevés bancaires).
- Biens achetés ensemble : ils sont en indivision, dans les proportions indiquées à l'acte d'achat ; à défaut de précision, les concubins sont considérés comme propriétaires par moitié.
- Rupture fautive : la rupture en elle-même n'est pas une faute, mais des circonstances brutales ou fautives peuvent justifier une indemnité, à condition d'en rapporter la preuve devant le tribunal.
- Enrichissement injustifié : le concubin qui a travaillé sans rémunération pour l'autre, par exemple dans son entreprise, peut demander une indemnité au tribunal.
Le juge aux affaires familiales connaît des indivisions entre partenaires de PACS ou entre concubins, ainsi que de la liquidation et du partage de leurs intérêts patrimoniaux (article L. 213-3 du Code de l'organisation judiciaire). C'est donc le même juge que pour les enfants, mais par une procédure distincte.
Que devient le logement acheté ou loué à deux ?
Le logement acheté ensemble
Un appartement ou une maison achetés à deux hors mariage sont en indivision. Or nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision : le partage peut toujours être provoqué (article 815 du Code civil). Trois issues existent : la vente du bien et le partage du prix, le rachat de la part de l'un par l'autre moyennant une soulte, ou le maintien temporaire de l'indivision par convention. À défaut d'accord, le partage est demandé en justice. Les comptes entre indivisaires — apports inégaux, remboursement du prêt par un seul, travaux, occupation du bien par l'un après la séparation — sont souvent le cœur du litige. Les mécanismes sont proches de ceux décrits pour les époux sur la page bien immobilier et soulte.
En cas de dissolution du PACS, les règles de l'attribution préférentielle prévues en matière de succession peuvent être invoquées entre partenaires (article 515-6 du Code civil).
Le logement loué
Pour des concubins, tout dépend de la signature du bail. Si les deux ont signé, chacun est locataire à part entière ; celui qui part doit donner congé et, lorsque le bail comporte une clause de solidarité, reste tenu des loyers pendant une durée pouvant aller jusqu'à six mois après son départ, sauf arrivée d'un nouveau colocataire. Si un seul a signé, l'autre n'a aucun droit sur le logement. En cas de violences, le préavis du locataire est réduit à un mois. Les questions de bail sont traitées dans la rubrique locataire.
Lorsque le couple a des enfants
Le juge aux affaires familiales saisi d'une demande relative aux enfants peut attribuer provisoirement la jouissance du logement de la famille à l'un des deux parents, pour une durée maximale de six mois, en constatant le cas échéant l'accord des parties sur une indemnité d'occupation. Lorsque le bien appartient aux parents en indivision, la mesure peut être prorogée si le tribunal a été saisi, dans ce délai, des opérations de liquidation et de partage (article 373-2-9-1 du Code civil).
Les enfants : les mêmes règles que pour des parents mariés
La séparation des parents est sans incidence sur les règles de dévolution de l'exercice de l'autorité parentale (article 373-2 du Code civil). Parents pacsés ou concubins exercent donc en commun l'autorité parentale, à une condition : que la filiation soit établie à l'égard des deux. Le père non marié doit avoir reconnu l'enfant ; si la reconnaissance est intervenue plus d'un an après la naissance, la mère exerce seule l'autorité parentale, sauf déclaration conjointe ou décision du juge (article 372).
La résidence des enfants, le droit de visite et d'hébergement et la pension alimentaire sont fixés selon les mêmes critères que dans un divorce. La différence est procédurale : aucune procédure n'oblige les parents non mariés à faire fixer ces points. Beaucoup s'en dispensent, et découvrent des mois plus tard qu'un accord verbal ne permet ni de recouvrer une pension, ni de faire respecter un calendrier. Une convention parentale homologuée par le juge règle cette difficulté (article 373-2-7).
Mariage, PACS, concubinage : quelles différences au moment de la séparation ?
| Question | Mariage | PACS | Concubinage |
|---|---|---|---|
| Comment rompre ? | Divorce, avec avocat obligatoire | Déclaration conjointe, ou signification par commissaire de justice (art. 515-7) | Aucune formalité |
| Prestation compensatoire | Possible (art. 270 et s.) | Non | Non |
| Biens | Selon le régime matrimonial | Séparation des biens, sauf option pour l'indivision (art. 515-5 et 515-5-1) | Biens personnels ou indivis, selon les preuves |
| Dettes de la vie courante | Solidarité | Solidarité (art. 515-4) | Pas de solidarité |
| Juge en cas de désaccord sur les biens | Juge aux affaires familiales | Juge aux affaires familiales | Juge aux affaires familiales |
| Enfants | Règles identiques : autorité parentale conjointe, résidence, pension | Règles identiques | Règles identiques, si la filiation est établie |
| Pension de réversion | Oui, sous conditions | Non | Non |
L'absence de prestation compensatoire est la différence la plus lourde de conséquences : le partenaire ou le concubin qui a réduit son activité pour élever les enfants ne dispose d'aucun mécanisme équivalent. Pour les couples mariés, voir la rubrique divorce et la page prestation compensatoire.
Comment le cabinet vous accompagne à Cagnes-sur-Mer
- Relecture de la convention de PACS, de l'acte d'achat et des relevés de prêt pour établir les droits de chacun avant toute négociation.
- Négociation d'un accord global — sort du logement, comptes entre vous, enfants — et formalisation : convention parentale soumise à homologation, acte de partage devant notaire pour un bien immobilier.
- À défaut d'accord, saisine du juge aux affaires familiales du tribunal judiciaire de Grasse, pour les enfants comme pour le partage de l'indivision.
Le cabinet intervient à la fois en droit de la famille et en droit immobilier, ce qui permet de traiter ensemble la séparation et le sort du logement. Je reçois sur rendez-vous, 6 chemin de la Minoterie à Cagnes-sur-Mer ; les modalités de facturation figurent sur la page honoraires.
Questions fréquentes
Faut-il passer devant un juge pour rompre un PACS ?
Non. Le PACS se dissout par une déclaration conjointe remise à l'officier de l'état civil de la commune où il a été enregistré, ou au notaire qui l'a enregistré, ou encore par la décision d'un seul partenaire signifiée à l'autre par commissaire de justice, selon l'article 515-7 du Code civil. Le juge aux affaires familiales n'intervient qu'en cas de désaccord sur les conséquences de la rupture : biens, logement, enfants.
Ai-je droit à une prestation compensatoire après un PACS ou un concubinage ?
Non. La prestation compensatoire est réservée aux époux qui divorcent : elle compense la disparité que la rupture du mariage crée dans les conditions de vie respectives. Après un PACS ou un concubinage, seule une indemnité peut être demandée dans des cas particuliers : rupture fautive ayant causé un dommage, ou enrichissement injustifié de l'autre. Pour les enfants, en revanche, une pension alimentaire est due dans les mêmes conditions que pour des parents mariés.
Nous avons acheté un appartement à deux sans être mariés : que se passe-t-il à la séparation ?
Le bien est en indivision, dans les proportions prévues par l'acte d'achat. Selon l'article 815 du Code civil, nul ne peut être contraint à demeurer dans l'indivision. Vous pouvez vendre et partager le prix, ou l'un peut racheter la part de l'autre en lui versant une soulte. À défaut d'accord, le partage est demandé au juge aux affaires familiales, qui tranche aussi les comptes entre vous : apports, remboursement du prêt, occupation du bien.
Mon concubin est seul propriétaire du logement : puis-je y rester après la rupture ?
En principe non : le concubin qui n'est ni propriétaire ni titulaire du bail n'a aucun droit sur le logement. Si vous avez des enfants communs, le juge aux affaires familiales peut toutefois vous attribuer provisoirement la jouissance du logement de la famille, pour six mois au maximum, sur le fondement de l'article 373-2-9-1 du Code civil. En cas de violences, l'ordonnance de protection permet aussi d'obtenir l'attribution du logement.
Les droits du père sont-ils les mêmes lorsque les parents ne sont pas mariés ?
Oui, dès lors qu'il a reconnu l'enfant. Les père et mère exercent en commun l'autorité parentale, et leur séparation n'y change rien. Une exception existe si la reconnaissance est intervenue plus d'un an après la naissance : la mère exerce alors seule l'autorité parentale, sauf déclaration conjointe des parents auprès du tribunal judiciaire ou décision du juge aux affaires familiales, selon l'article 372 du Code civil.
Textes et sources officielles
- Code civil, articles 515-1 à 515-7-1 (pacte civil de solidarité) — Légifrance
- Code civil, article 515-8 (concubinage) — Légifrance
- Code civil, article 815 (droit de sortir de l'indivision) — Légifrance
- Code civil, article 373-2-9-1 (jouissance provisoire du logement de la famille) — Légifrance
- Code civil, articles 372 à 373-1 (exercice en commun de l'autorité parentale) — Légifrance
- Code de l'organisation judiciaire, article L. 213-3 (compétences du JAF) — Légifrance
- Dissolution d'un Pacs — service-public.gouv.fr
- Séparation des concubins — service-public.gouv.fr
- Conséquences de l'union libre (concubinage) — service-public.gouv.fr
- Mariage, Pacs ou concubinage : quelles différences ? — service-public.gouv.fr
- Locataires concubins : quelles sont les règles ? — service-public.gouv.fr
- Séparation de partenaires de Pacs : à qui appartiennent les biens ? — service-public.gouv.fr
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